Ma Loire à vélo

LE PÉRIPLE DE PATRICK SUR LA LOIRE À VÉLO
effectué du 19 mai 2016 au 2 juin 2016

Voilà un moment que j’y pensais. Je me suis finalement décidé : faire la Loire à Vélo ! Un plus de 700 km le long du dernier fleuve sauvage d’Europe par des voies cyclables ou des petites routes de campagne.

La monture : un vélo de ville Décathlon et un « caddy », deux sacoches.
Le « chevalier » : un peu sur le retour, 63 ans, pas sportif pour un sou.
L’équipement : sensiblement le même qu’en randonnée pédestre (tente, duvet, matelas, réchaud, peu de vêtements, batterie de recharger portable et appareil photo…).


19 mai : Prologue

Quelle idée de vouloir partir un jour de grève à la SNCF !
Mais j’en avais décidé et je prends donc le seul train pour Nevers avec mon vélo et ma carriole.
J’arrive à 19 h 20. Et là, première déconvenue : il faut emprunter un souterrain pour sortir de la gare.
Et bien sûr, il n’y a pas de rampe. Je descends le vélo, remonte chercher la carriole, la descends. Puis je remonte le vélo, redescends chercher la carriole, la remonte. Ouf !
Par contre, heureuse surprise à la sortie de la gare. La Loire à Vélo est indiquée et un agréable parcourt me conduit à la Loire. Je traverse le pont et arrive au camping, situé au bord du fleuve. Je m’installe. Un groupe qui descend la Loire à canoë est déjà sur les lieux.
Pour marquer le début de mon « aventure », je m’offre un kebab.


20 mai : Nevers – St-Satur

Réveil sous le soleil. Cela ne durera pas. En prenant mon petit déjeuner, je fais la connaissance d’un couple de Nantes qui se dirige vers Budapest.
Je quitte Nevers en passant par le port. Un petit crachin commence à tomber. Il durera presque toute la matinée.
Je longe le canal latéral à la Loire. J’assiste aux passages d’écluses de deux magnifiques péniches. Obtempérant à l’injonction d’un panneau, je mets à terre pour passer le canal du Guétin. Un oiseau fait le beau sur la rambarde. Les oiseaux sont d’ailleurs très nombreux. Un héron jouera le rôle de guide, me précédant, volant au ras de l’eau.
Le crachin s’arrête mais le ciel reste gris. A Cuffy, passage au kilomètre zéro. Au Bec d’Allier, confluent de l’Allier et de la Loire.
La Loire qui joue les coquettes. Cachée derrière un rideau d’arbres comme une belle derrière un paravent, elle ne se montre que sporadiquement, ne se laissant découvrir qu’un bref instant, comme pour mieux se faire désirer. Mais à la Charité, elle se dévoile, impudique, majestueuse.
Je continue mon chemin, essentiellement cyclable ou empruntant de toutes petites routes. Les longs tronçons rectilignes sont un peu monotones et propices au vagabondage des pensées. C’est sans doute plongé dans l’une d’elles que je rate Pouilly sur Loire qui devait être l’étape de cette journée. Du coup, je poursuis jusqu’à St-Satur.
Il est étrange d’être si près de chez moi et, en même temps, de ressentir ce sentiment d’être ailleurs.


21 mai : St-Satur – Briare

Cette journée sera très belle, ensoleillée. Je longe le canal. Saluts aux plaisanciers dans leurs péniches et aux randonneurs nombreux par ce beau temps.
Je passe au pied de la centrale de Belleville. C’est impressionnant et un peu effrayant. Mais, bon, la Loire ce sont les châteaux, les vignes, mais aussi les centrales nucléaires.
Je me perds à Belleville. Jusqu’à Beaulieu il y a 5 km. J’en ferais au moins le double. Mauvaise indication ou étourdie de ma part ? Ou encore s’agit-il d’un effet secondaire du nucléaire ?
Je finis quand même par rallier Beaulieu après des kilomètres de montées. La pause déjeuner au bord du canal est la bienvenue.
Ensuite, direction Châtillon-sur-Loire. Le chemin, à l’arrivée sur la ville, est jalonné d’installations d’art contemporain. Joli port de plaisance.
La route jusqu’à Briare est très agréable. Elle passe par une très belle écluse. La maison fait chambre d’hôte et je peux voir des personnes terminer leur repas dans un jardin qui me donne envie de les rejoindre. Mais, je ne suis pas client…
À Briare je suis accueilli par son célèbre pont-canal. Il faut reconnaître qu’il est assez monumental. La péniche qui y passe est à la hauteur de l’édifice. Ici aussi il y a un port de plaisance. Mais le plus remarquable est peut-être que Briare est une véritable petite Venise. Il y a ici, outre la Loire, pléthore de petits canaux, de ponts, d’écluses…
Je plante ma tente dans un camping sympa qui met à disposition des « loiristes » un barnum avec tables et bancs. Je constaterais par la suite que presque tous les campings proposent un local pour être au sec et au chaud.


22 mai : Briare – Châteauneuf-sur-Loire

Il pleut ! Il pleuvra presque toute la journée. Il n’y aura qu’une éclaircie à l’arrivée sur Gien. Gien qui se découvre tout à coup. Assez stupéfiant avec ses maisons serrées au pied du château. Au dessous, la Loire qu’enjambent les douze arches du pont.
A St Gondon, je décide de prendre un raccourci, ne comprenant pas le détour indiqué par le guide. Mauvaise idée ! Si le début sur une levée de la Loire ne pose pas de problème, cela ne va pas très loin. La route se transforme en chemin sablonneux. Mon vélo et la carriole s’y enfoncent. Pensant m’en sortir bientôt je m’obstine, au pied des tours de la centrale de Dampierre sur l’autre rive. Au bout d’un moment il n’y a même plus de chemin. Donc, demi-tour. Je perds plus d’une heure. Une heure d’efforts aussi vains qu’épuisants. En d’autres circonstances (à pied) cela aurait pu être agréable. En d’autres circonstances… Heureusement, il ne pleut plus. Casse-croûte et je retrouve l’itinéraire que je n’aurais jamais dû quitter.
Tout le reste de la route se fait sous la pluie. Il est encore plus désagréable de pédaler sous la pluie que de le faire en marchant. Enfin, j’arrive à Châteauneuf sur Loire alors que la pluie a cessé. Mais pas pour longtemps. Alors que je commence à monter la tente, une averse s’abat, froide et drue.
Ne rêvant que d’un chocolat bien chaud, je me mets à la recherche d’un bar. Châteauneuf a-t-il été évacué ? Personne dans les rues et pas un bar ouvert ! Je retourne au camping. La pluie s’est remise à tomber. Je me fais un Nescafé-lait concentré sucré. Qu’il est bon ! Petit réconfort dans cette journée de m…


23 mai : Châteauneuf-sur-Loire – Beaugency

Départ (tardif) sous la pluie avec un petit moral. Pédalage jusqu’à Orléans, la tête dans le guidon. La pluie s’arrête. L’arrivée à Orléans se fait par une voie cyclable agréable qui passe par un beau parc.
Au loin se profile la cathédrale. Je longe les quais et emprunte le majestueux pont de l’Europe. La piste passe sous l’arche inclinée. Impressionnant !
La météo de cet après-midi est plus clémente. Quelques ondées, sans plus.
À Meung-sur-Loire je vais faire des courses au Super U. La file de voitures attendant, moteurs tournants, de prendre leur ration d’essence me fait ricaner.
La route jusqu’à Beaugency emprunte les levées de la Loire. C’est un peu monotone. Beaugency est une belle ville typique des cités ligériennes : château, églises, maisons à colombage.
Le camping, municipal, est simple mais assez sympa. Je suis assez perdu au milieu des camping-cars. Les emplacements pour vélo sont pourvus de tables de pique-nique. Mais il n’y a pas de local pour se mettre à l’abri. Heureusement, il fait beau.


24 mai : Beaugency – Chaumont-sur-Loire

Belle journée ensoleillée. Certes un peu frisquette, mais on se réchauffe vite à vélo. Je passe près de la centrale de St-Laurent-les-Eaux. C’est la troisième depuis mon départ. Ces tours et leurs panaches blancs commencent à m’être familières.
Muides, charmant village, m’accueille avec ses petites rues, ses fleurs, ses quais avec barques à l’encrage. J’y découvre une ancienne école reconvertie en bar. De la rue, une façade assez austère. Mais dans la cour le décor change : terrasse dans la cour, billard sous le préau J’y prends un café au soleil en m’entretenant avec la vénérable dame qui gère le lieu. Elle m’apprend que ce fut également la poste, d’où les barreaux aux fenêtres.
Passage obligé par Chambord. J’ai beau le connaître par cœur pour l’avoir tellement vu en photos, je suis tout de même ébloui de le voir « en vrai ». Foisonnement de cheminées, de fenêtres… On a du mal à imaginer que ce fut un château fort avant son relooking renaissance.
Petit cafouillage pour retrouver la direction de Blois. La route serpente parmi les bois, cultures, vignes et villages endormis. Tout à coup : Blois. Elle ne fait pas exception aux villes des bords de Loire. Je ne vois pas le château mais maisons, églises et grands bâtiments s’étagent au-dessus du fleuve.
Aujourd’hui, la Loire est davantage fréquentée. Je fais un bout de route avec un habitant de Léré qui va à Rennes. Puis avec un groupe de blésois en balade pour la journée.

Le camping à Chaumont-sur-Loire est juste en bordure de l’itinéraire. Installation puis je fais une lessive, nécessaire après la pluie de ces derniers jours. Le petit vent frais qui souffle permettra un séchage rapide.
Désireux de prendre une bière en terrasse, je vais à Chaumont qui, bien qu’étant un lieu touristique est bien tristounet. Ni bar, ni épicerie ne sont ouverts. Je traverse la Loire et me rends à un village proche où je pourrais satisfaire mon envie.


25 mai : Chaumont-sur-Loire – Savonnières

Me voici en Touraine par une très belle journée. Je roule dans les coteaux parmi les vignes. Mais qui dit coteaux, dit côtes. J’avoue avoir mis pied à terre plusieurs fois.
Le premier contact à Amboise se fait par le haut avec une magnifique vue sur les toits de la ville. Amboise est très animée avec de jolies rues commerçantes, ses beaux bâtiments et bien sûr, son château.
Certains diront : « trop touristique ». Mais j’aime bien. Et ne suis-je pas un touriste ?
À Tours, prendre un café place Plum est incontournable. Que c’est agréable d’être ainsi en terrasse avec les belles façades des maisons entourant la place ! Le seul bémol est l’absence de quoi que ce soit pour garer son vélo.
Longue traversée de Tours. À hauteur du Cher la signalisation laisse vraiment à désirer. Je vais errer un moment avant de retrouver le bon chemin.
Savonnière, mon étape de ce soir, n’est pas sans charme avec son petit port et ses bateaux traditionnels.
Une fois installé, je fais une petite escapade à Villandry. Déception, il n’y a rien en dehors du château : une route, deux bars, une église. Les rois devaient aimer la tranquillité !
Au camping je retrouve deux compères avec qui j’avais fait connaissance à Chaumont. Ce sont des rouleurs. L’un d’eux à fait Compostelle à vélo.


26 mai : Savonnières – Candes-St-Martin

Aujourd’hui, je fais des infidélités à la Loire. Je décide de musarder de château en château. L’Indre et la Vienne seront mes compagnes. D’abord Azay le Rideau. Le château est en travaux et presque complètement habillé d’échafaudages. Cela nuit un peu à sa beauté sans pour autant la cacher complètement.
Dans la cour sont alignées de très belles voitures de collection. Les carrosses des temps modernes, sans doute…
Ensuite ce sera le très beau château d’Ussé. Celui de la Belle au Bois Dormant, dit-on. Je pique nique au bord de l’Indre.
Escale à Chinon. La ville médiévale, surmontée par la citadelle, est superbe. Je flâne dans les petites rues. Cela aurait pu durer, mais il me faut reprendre la route.
Une route qui me mène de villages en vignes. Le temps est agréable, je pédale, le nez au vent. Au loin s’élèvent les panaches de la centrale de la centrale d’Avoine.
Candes St Martin est un très beau village, tout fleuri de roses mais également tout en montées. C’est là que la Vienne vient se jeter dans la Loire.


27 mai : Candes-St-Martin – St-Martin-de-la-Place

Je me dirige par monts et par vaux (surtout par monts, ai-je trouvé) vers Fontevraud et sa somptueuse abbaye. Elle est immense et sa célèbre cuisine aussi curieuse et qu’astucieuse avec ses cheminées en cône. Une installation faite de fils tendus éclairés
par une lumière noire occupe une crypte. C’est assez féérique. D’ailleurs d’autres installations et expositions sont en chantier pour être prêtes le week-end suivant. Je regrette de manquer cet évènement.
Je reprends la route pour regagner la Loire à travers les vignobles de Saumur-Champigny.
Au détour d’un village, je tombe sur un site troglodyte. J’y pénètre par « la rue du commerce ». On y voit d’anciennes boutiques taillées dans le roc. Séduit par le lieu je m’y arrête pour déjeuner.
L’après-midi débutera par Saumur. Elle ne se démarque pas de ses consœurs ligériennes (belle cité surmontée de son château) que par une certaine austérité toute militaire. Les belles bâtisses sont alignées comme à la parade. Et le café à 2 €, pris certes sur une très belle place, à du mal à passer.
Étape dans un charmant petit camping en bord de Loire.


28 mai : St-Martin-de-la-Place – Ste-Gemmes-sur-Loire

Sous un beau soleil j’emprunte la piste qui va me mener vers Angers. Mais à peine eussé-je fait un kilomètre que celle-ci devient une rivière. La Loire a pris ses aises. Je fais demi-tour et c’est par la route que je suis la Loire.
Ensuite, un labyrinthe de petites routes de campagne (merci à ceux qui ont balisé) me conduit aux Ponts de Cé qui devait être le but de cette étape. Mais je me retrouve à Ste Gemmes sur Loire sans avoir vu le camping que j’avais repéré. Heureusement, un panneau me fait part, fort à propos, de l’existence d’un camping labellisé « Loire à Vélo ».
L’accueil y est charmant. La jeune femme qui gère le camping m’informe, désolée, qu’une association s’est installée sur les lieux en vue d’une fête. Ils seront 150 et risquent d’être bruyants. Je prends la décision de rester. Du coup elle fait un « geste commercial ». Les deux nuits me coûteront moins de 10 €.
Le temps étant propice, je fais une lessive, l’étends et pars en reconnaissance vers Angers en vue de ma journée touristique de demain. La piste, en la Maine et le lac de Bouchemaine est très belle, prenant même par endroits un air montagnard. C’est un vrai plaisir de rouler ici, sans la carriole… jusqu’à ce qu’un orage s’abatte et m’oblige à faire demi-tour. Je rentre au camping sous le déluge en pensant à ma lessive. Mais c’était compter sans l’amabilité des gérantes qui l’on mise à l’abri.
Entre-temps deux jeunes filles sont arrivées. Elles font la route comme moi et nous nous retrouverons plusieurs soirs à nos étapes.


29 mai : Angers

La nuit fut agitée. Les hostilités commencèrent vers 22 heures. Concert (la musique n’était pas mauvaise), DJ, vociférations diverses se poursuivirent jusqu’à 2 heures. Mais les conversations ne cessèrent qu’au lever du jour (ah ! les philosophes à 4 heures du mat !!!).
Le réveil est un peu douloureux. Et il pleut !
Vers 10 heures je pars alors que la pluie se fait plus douce. Elle cessera à mon arrivée à Angers. C’est une grande ville haussmannienne qui me fait penser à Orléans. Le château est imposant avec ses grosses tours le long de ses remparts.
Je me promène au hasard des rues et je tombe sur deux expos : l’une de sculpture sur ceps de vignes (?) l’autre de photos. Je discute avec le photographe qui à l’air heureux que je m’intéresse à son travail. Il est vrai que les photos, sur le thème des portes, sont superbes.
Je cherche en vain un petit restau sympa. Je me rabats sur la grand-place et ses brasseries. Pas mauvais mais un peu cher. Un dernier petit tour et me dirige vers les ardoisières. En perdition dans la ville, je suis secouru par un aimable cycliste local. Il me sert de guide et m’invite à prendre un café chez lui.
Je pénètre dans le secteur des ardoisières et ses vestiges d’exploitation. La pluie se remet à tomber. je n’atteindrais jamais le musée des ardoisières. J’ai encore dû rater quelque chose.
Au camping, les deux jeunes filles arrivées hier sont toujours là. Nous sommes rejoints par un couple qui voyage à vélo depuis plusieurs semaines au gré de ses fantaisies. Le mauvais temps ne rebute pas le cycliste !


30 mai : Ste-Gemmes-sur-Loire – St-Florent-le-Vieil

Ce matin le temps redevient correct.
À la sortie de Ste-Gemmes, je découvre un jardin méditerranéen en bord de Loire. Sans doute la douceur angevine n’est-elle pas une légende !
Pédalage sur une route bucolique qui serpente entre Loire, cultures et pâturages.
Après Chalonnes, je suis arrêté par un bar atypique : le Lénine café. C’est un bar – musée. On y propose concerts et débats. Hélas, il est fermé ! Une ardoise précisant que le pique-nique est autorisé, j’y fais ma pause déj.
Fin de l’étape à St-Florent-le-Vieil, cité dite de caractère. C’est assez plaisant et, de la place de l’abbaye, la vue est magnifique.
Au camping, je retrouve mes deux jeunes filles. Et heureusement ! Parce que j’avais oublié ma batterie que j’avais mise à recharger et me l’on ramenée. Merci à elles.


31 mai : St-Florent-le-Vieil – Ste-Luce

Je suis un crétin !
Peu avant Ancenis, l’itinéraire bifurque. Un panneau indique : route inondée. Passant outre, plus fort que tout le monde, je n’en tiens pas compte. Quelques mètres plus loin une longue flaque est sur la piste.
Ça passe. Puis une deuxième. La troisième est un peu plus profonde. Mes chaussures, enfin sèches, retournent à l’état humide. Je fais un bout de chemin, enchaînant les parties sèches et inondées. Jusqu’à un embranchement en T : un lac. Au loin, la route remonte et n’est plus inondée. Estimant avoir fait trop de chemin pour pouvoir faire demi-tour, je mets pied à terre (si l’on peu dire). Je pousse vélo et carriole, de l’eau jusqu’aux genoux. C’était vraiment n’importe quoi ! D’autant plus que le détour ne faisait pas plus de 5 km.
À Ancenis, après avoir traversé le pont à pied (obligatoire) et ses 100 traverses (elles sont numérotées), le café au bord de cette Loire indomptée est le bienvenu.
La route jusqu’à Oudon est agréable et le petit port offre un décor plaisant à mon déjeuner.
Rassasié je me dirige vers Mauves. Je me trompe (encore !) en prenant le GR3 au lieu de l’itinéraire vélo. Mais ma bévue a plutôt du bon. Le chemin, entre la Loire et la ligne de chemin de fer à des allures montagnardes avec les rochers surplombant la voie et les nombreux tunnels ferroviaires. De plus cela m’évitera de passer un pont pour lequel le guide conseille la prudence.
Je m’installe à Ste Luce, à 10 km de Nantes. En effet les tarifs du camping de Nantes dépassent mon budget.
Je fais une petite visite aux Machines de l’Ile. C’est pratiquement désert et l’éléphant est en réparation. La dernière fois où je suis venu ici, c’était noir de monde.
Nantes est vraiment la ville du vélo. Il y a des pistes cyclables partout et elles sont très fréquentées. Devant les immeubles de bureaux, les vélos sont nombreux. Et les voitures s’arrêtent pour laisser passer les vélos !
Au camping, un apéro est offert aux « loiristes ». J’y retrouve mes deux co-campeuses.
Il est 21 h 30, la pluie commence à tomber.


1er juin : Ste-Luce – Paimboeuf

Après une nuit de pluie, le temps est au sec.
Comme il fallait s’y attendre, je me suis perdu dans Nantes. Pourtant, d’après le guide, tout paraissait facile. Il suffisait de suivre la Loire.
Mais voilà, la Loire, je l’ai perdue. Je la retrouve enfin grâce aux aimables conseils d’une boulangère. S’ensuit la longue traversée d’une zone industrielle aussi peu attrayante que nauséabonde.
Peu avant Couéron une maison est dans la Loire. Renseignements pris, il s’agit de l’œuvre d’un artiste. Ces installations jalonnent l’estuaire.
J’emprunte un bac pour traverser la Loire. Mini-croisière.
La route se poursuit le long du canal de la Martinière. C’est assez monotone. Seules les écluses présentent un intérêt. Et les cigognes dans les nids mis à leur disposition.
Je quitte le canal pour rouler dans la campagne sous le regard des vaches. J’arrive à
à Paimboeuf qui fut un port actif. De ce passé ne restent plus que quelques bateaux qui achèvent de rouiller. Ce qui donne à la ville, malgré ses façades colorées, un air d’abandon.
De l’autre côté de la Loire se dressent des raffineries.
Au camping, j’aurais une discussion passionnée avec deux « loiristes » et un agriculteur local. Le sujet : Notre-Dame-des-Landes, bien entendu !


2 juin : Paimbœuf – St-Brévin

Ça y est, c’est fait. Le panneau marquant la fin de la Loire à Vélo est là. Un peu flatteur d’ailleurs. Il indique que
j’aurais parcouru plus de 800 km. D’après mes calculs, il y en aurait 100 de moins.
Lors de ce périple, je me suis perdu plusieurs fois. Cette dernière étape, pourtant courte, ne fait pas exception à la règle. Dès la sortie de Paimbœuf, je me trompe et prends une route très fréquentée par voitures et camions. Enfin je retrouve le bon parcourt. Pour le reperdre quelque temps après. Sur les indications d’un autochtone avec qui je discuterais un moment, je reviens dans le droit chemin.
Bientôt les chantiers de l’Atlantique se profilent sur l’autre rive. Puis le pont de St Nazaire. Il a quelque chose de monstrueux, s’élevant haut au dessus de la Loire. Et dire que d’inconscients cycliste s’y engagent !
Je trouve un camping abordable en bord de mer.
L’après-midi est consacré à la découverte des alentours. Ces stations balnéaires, à cette saison désertées, ont un air un peu triste. Beaucoup de maisons sont fermées. Mais l’océan, lui, est toujours là avec ses cabanes de pêcheurs sur pilotis et leurs carrelets relevés. Il y règne une atmosphère romantique.
Sur la plage de St-Brévin le squelette de quelque animal marin préhistorique est à demi immergé. Il s’agit du Serpent d’Océan, dernière installation de cette partie de la Loire qui semble avoir inspiré nombre d’artistes.


En conclusion

Deux belles semaines au rythme du pédalage de mes envies. Beaux paysages, belles rencontres… Et la preuve que la Loire à Vélo est accessible à tous.

4 réflexions au sujet de « Ma Loire à vélo »

  1. Merci de nous avoir fait rêver. C’est toujours un moment de quiétude de flâner sur les bdl. Carl bougezautrementáblois@over-blog.com

  2. Félicitation pour ce beau périple.
    La qualité rédactionnelle des textes et la beauté des photos donnent
    envie de faire la Loire à Vélo.

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